Jean Pierre Pernault, combien je coûte... au contribuable !

Voila un excellent sujet pour le magazine-vérité de Jean-Pierre Pernaut sur TF1, qui vous dit tout sur le gaspi des deniers publics. C'est l'histoire d'un éminent élu local et de ses copains qui allongent 200 000 euros pour permettre à un journaliste vedette et à son fiston d'aller s'éclater dans une course auto sur glace. En échange d'un petit coup de pub.
Cette histoire est d'autant plus édifiante que Pernaut Jean-Pierre est aussi le présentateur très regardé du JT de 13 heures et le dirlo adjoint de l'info sur TF1. L'élu local, lui, s'appelle Christian Estrosi, par ailleurs ministre sarkozyste de choc. Et tout cela se passe, l'air de rien, en pleine campagne présidentielle...
La belle aventure a commencé début 2006. Pernaut et son fils Olivier, pilote confirmé, souhaitaient participer au « XVIIIe Trophée Andros », qui se déroule du 9 décembre au 11 février prochain, dans huit stations de ski françaises. Mais, pour figurer sur la ligne de départ de cette prestigieuse course réservée aux VIP et ex-stars du sport automobile, le nouvel équipage devait se dégoter une voiture de compétition et, surtout, de solides sponsors.


L'affaire n'a pas traîné. Pour le bolide, Pernaut s'est adressé à un de ses potes, Philippe de Korsak, pilote de son état. Et pour le généreux mécène, ledit Korsak a contacté Eric Ciotti au conseil général des Alpes-Maritimes, fidèle dircab' du président Estrosi. Ha­sard des rencontres... et effet garanti : les maires du canton d'Estrosi (Saint-Etienne-de-Tinée), dans le Mercantour, où se déroule une étape du Trophée Andros (à Isola 2000), ont dégainé illico le portefeuille.
L'office du tourisme du coin, subventionné à hauteur de 450 000 euros annuels par Estrosi et son conseil général, en a débloqué 150 000 pour sponsoriser la bagnole de Pernaut et fils. Et 50 000 de plus pour diverses promos autour de ce partenariat. Résultat : le 9 décembre, Pernaut se retrouvera au volant d'une superbe Fiat aux couleurs du conseil général d'Estrosi, mais aussi des communes et des stations de ski de son fief alpin. Et le présentateur de TF1 va leur faire un maximum de pub dans les briefings de presse, dans les magazines et, pourquoi pas, à la télé !
Pas gêné par ce mélange des genres, ni inquiet pour son indépendance, Pernaut précise gravement au « Canard » être un «journaliste qui aime son métier » et ajoute : « Le fait d'avoir un pilote qui s'appelle Jean-Pierre Pernaut, ils sont très contents dans le Mercantour (...). Moi, je préfère défendre l'image de nos belles stations de ski plutôt qu'autre chose. » Et de jurer, la main sur le cœur de la France profonde: « Dans cette histoire, je ne touche pas un centime. J'ai un contrat de pilote amateur avec l'écurie de Philippe de Korsak. Je fais ça juste pour mon plus grand plaisir : participer au sport auto. Je ne sais d'ailleurs pas quels sont les budgets dans cette opération. Je ne m'en suis pas occupé. »
Si Pernaut ne sait même plus combien il coûte au contribuable...
Le canard enchaîné, 06/12/2006

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